In a nutshell: I now believe I can fly! :D
Départ à 1100m, altitude max 3670m, une nuit au refuge des Conscrits
Dans l'ordre, cela donne :
13h15 :Départ du parking du Grugnon à 1100m (Les Contamines Montjoie), pour une bonne grimpette dans la forêt. On croise un alpiniste qui respire la santé, repéré à ses chaussures (des Sportiva comme nous), qui revient des Dômes, n'a pu aller au bout à cause du vent, et nous confie 'c'est dur la fin'... Mmhh, nous voilà prévenus, et puis on verra bien.
L'enthousiasme nous donne des ailes, nous sommes très curieux d'aller découvrir les profils effilés des Dômes ! :D
Les pensées tourbillonnent dans la première partie de l'ascension, avec les tristes et révoltants événements de Nice.
Pour l'instant, nous sommes en forme, mais gérons l'enthousiasme sur effort de la montée : il faut en garder pour demain...
800m plus haut c'est le refuge de Tré la Tête à 1970m, et notre halte déjeuner. Très rapide, car un vent bien frais souffle qui refroidit jusqu'aux os.
En route vers notre étape du soir : encore 630m à grimper, le panneau indique 3h20. Nous sommes surpris : Si long que ça pour seulement +600m?
Et oui! Le début est rapide, un chemin grimpe droit derrière le refuge, un panneau nous signale 'fin de la moyenne montagne, vous entrez en haute montagne' où l'équipement adapté est à prévoir.
Puis un long cheminement rochers, et assez vite rocher-neige fondue - il a neigé il y a 2 jours. Le paysage commence à se dessiner,
Et je récupère enfin mes doigts, qui ont été longtemps gelés de la pause déjeuner ventée...
Une jolie passerelle à traverser, avec ce qu'il faut comme vide en-dessous et de un poil de tangage!
François avance avec précaution...
Et là, whahhh! Le glacier de Tré la Tête se révèle, dans un grand ruban! Immense!!
Encore ce cirque à franchir...
Sûrement les derniers mètres... Mais où est-il, ce refuge??
Et bien cela y est, il se cachait! (a posteriori, on le distingue même sur l'image précédente!...)
19h: Accueil chaleureux, et nous sommes invités à mettre directement les pieds sous la table pour un délicieux dîner bien réconfortant. L'ambiance est au partage avec les voisins, les faces sont burinées et ouvertes, avec les marques de lunettes caractéristiques, l'ambiance au bavardage joyeux, on sent l'expérience des guides; on croisera un jeune le lendemain au petit déjeuner qui est en route pour son Mont-Blanc... de la semaine! Et oui! Quels sportifs!!! :D
A 20h, ça houspille dans le dortoir d'un bougon 'il y en a qui dorment'! En fait, le 'il' était tout seul, dommage, nous aurions bien entamé la conversation avec un de nos voisins qui nous demandait si on partait pour les Dômes le lendemain...
3h15 : les premières sonneries commencent à retentir, le petit déjeuner est à 3h30. Mines endormies, effervescence du réveil très vite suivie de celle des préparatifs puis des départs.
Oh les bouilles... On ne se moque pas : bah c'est quand même 3h30 du mat' les gars! ^^
Consulter la météo, prendre les derniers conseils auprès de ceux qui connaissent la course. Prendre le col infranchissable qui permet de visiter 4 dômes, un supplémentaire que l'option la plus courante, le plus beau nous dit-on : c'est noté, nous verrons.
Météo prévue : beau temps, isotherme 0 passant de 3800 à 4400, rafales de vent entre 50 et 70km/h. Bon bon, déjà il fera beau, c'est important, ça.
Enfiler les chaussures mises à sécher dans au séchoir, le bien nommé - facilement identifiable à l'odeur hihi - puis baudrier, bonnet, frontale, gants, et hop le nez dehors : ça va, il ne fait pas si froid, certainement au dessus de 0.
Ma frontale s'arrête très vite, elle n'était pas assez chargée : aucune importance, le ciel est parfaitement dégagé ce matin, et les premières lueurs du jour éclairent déjà suffisamment, et la neige est lumineuse. A cette heure ci, les étoiles ont déjà fort pâli, et on n'en repère que peu dans le ciel.
Atteindra-t-on un point suffisamment élevé pour voir le lever du soleil? #envie
Les premières lueurs du jour. Quelle douceur, quelle magie, quel bonheur d'être là à les cueillir des yeux!
Nous avançons d'un pas bien rythmé, François fait la réflexion '500m à l'heure! Si on pouvait monter le Mont Blanc à cette allure!' :DMagie de chaque instant : Au fond, les rayons du soleil commencent à caresser les premières cimes
Devant nous, une belle silhouette, en profil inversée par rapport à celle que l'on observe de Chamonix : cette 'Montagne qui fume', c'est le Mont Blanc avec son dôme façon meringue, et ses deux bosses juste avant! Au vu de cette chevelure de lumière qui danse, ça souffle aussi bien fort au sommet! Sûrement plus qu'ici!
Ça monte toujours, nous longeons le glacier, on aperçoit un col droit devant, est-ce vers lui que nous nous dirigeons?
Allez ho-hisse encore, il faut faire fi du vent, profiter des moments de répit entre deux rafales. Que ces vêtements de montagne sont bien faits, je bénis le mien et sa capuche qui protège.
Ho-hisse : le col est à juste devant nous maintenant, et hop!
Formidable la vue de l'autre côté, une ouverture, et vue sur le monde d'en bas, bien vert, lui!
A notre droite, le Dôme majeur, dont revient une cordée qui descend. Ah tiens, nous avons loupé le col Infranchissable - la cordée qui descend est très drôle 'Nous ne sommes pas du genre Infranchissable, nous!' Voilà qui décomplexe car visiblement nous nous plus ;D
Ah, la vue sur le Mont Blanc, le vrai. Vu d'ici, il est à l'envers par rapport au profil qu'il montre à Chamonix!
La face nord de l'aiguille de Tré la Tête domine le cirque glaciaire
Et à notre gauche, l'enfilade de Dômes - les 3 autres.
Pause réconfortante au col, une cordée derrière nous fait une pause tous les dix mètres et l'un se couche sur la neige... Il s'arrêteront au col, nous repartons, à la découverte de ces fameux Dômes!
C'est le moment de s'encorder et de s'emparer du piolet.
C'est parti !
Première bonne grimpette, sur une arête.
Au somment de laquelle, la deuxième se révèle, quelle vue! C'est cette photo célèbre, nous allons y grimper nous aussi dans un instant! :D
Le vent souffle par rafale sur l'arête et nous oblige parfois à nous arc-bouter sur les piolets.
Le dôme est superbe, avec cette arête effilée qui semble s'élancer vers le ciel comme une rampe.
Voici une petite vidéo de l'ascension
Le ciel est d'un bleu profond, et tout est un spectacle: la façon dont le vent sculpte la neige, les petites billes de glace semées partout sur le chemin,
Quand on lève le nez,le regard est cueilli par tout un spectacle de sommets enneigés, et de part et d'autre de l'arête l'altitude qui plonge à droite vers la vallée verdoyante tout en bas, et à gauche le long des pentes enneigées; et nous suivons le 'stairways to heaven', là, c'est sûr!
10h : s'asseoir au sommet, avec 'presque pas' d'autre sommet qui dépasse (bon, en faisant abstraction de The One bien sûr), et déguster une bonne gourde de crème de marron (oui oui, ça se fait, ça! :D)
Mmmh, parfait! On se croirait un peu un aigle
(la photo suivante est pour Fabrice ;D)
Allez hop, dernier dôme, et après on desce... Hé! Mais qu'est-ce que cette aiguille, là, devant nous? Et bien c'est la Bérangère, nous apprendra-t-on plus tard. Pause casse croûte à ses pieds.
Et bien il va falloir te grimper, ma jolie, tout mélange roche-neige que tu sois, et tu es joueuse, tu nous demande même quelques pas d'escalade. Avec les crampons qui glissent et crissent sur les rochers, et le sac qui ne manque pas une occasion de s'accrocher quand il faut se faufiler, c'est rigolo...
Il est temps de redescendre du sommet. La neige commence à se transformer.
Cette course aura été splendide, le parcours aérien.
Le Mont Blanc peut s'envisager, mais c'est une autre histoire. L'aventure continue ...

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